L'Hôtel Bristol, une valse viennoise éternelle

Un livret de 128 années "portées" sur 3 siècles, 3 temps d'une vie mouvementée et tourbillonnante telle une valse viennoise. Voici la partition d'un hôtel dont le passé tumultueux a fait de lui une légende : l'Hôtel  Bristol de Vienne.

Vêtu d'une livrée impeccable, Joseph Brunbauer trône devant l'entrée de l'Hôtel Bristol de Vienne, Kärnter Ring 1. Josef Brunbauer aime à dire qu'il ne "bouge pas", le monde entier vient à lui. 30 ans de maison au service des voyageurs de la planète. 30 ans d'une sonate qu'il joue allègrement avec ses collègues,  à veiller avec amour sur le trésor de Vienne qu'est l'Hôtel Bristol. Il est l'une des mémoires vivantes de ce palace 5 étoiles, ouvert à l'origine en 1892,  Kärtner Ring 7.


Crescendo, de 1894 à 1911, les n° 5, 3 et 1 sur Kärtner Ring rejoignent le n° 7 pour former un chœur époustouflant en face du célèbre Opéra de Vienne, le Staadt Opéra. L'Hôtel Bristol reçoit alors tout le Gotha européen et les têtes couronnées auxquels se joint l'élite américaine. Un ballet incessant de diners, de prestations musicales s’enchainent comme autant de tableaux dont l'Hôtel Bristol et sa luxueuse décoration en sont le théâtre. En 1913, s'adjoignent les n° 53 et 55 de la Kärtner Strasse. L'accord parfait ? Les dissonances européennes des deux guerres écrivent un registre grave sur les feuillets de Vienne. La destruction d'une partie de l'Hôtel Bristol, son occupation par les forces russes puis par les forces américaines dans le reste de l'établissement se posent, s'imposent. Pause, demi pause...Soupirs. De tristesse. Puis l’Ambassade des États-Unis prend le relais,  lui inflige un entracte long de 4 ans.

Extraits du livre :"Hôtel Bristol, Wien"

Auteur : Andreas Augustin Images : Bill Lorenz

Montage vidéo réalisé à partir du livre "Hôtel Bristol, Wien", avec effets sonores.

Auteur : Andreas Augustin. Images : Bill Lorenz.

1955, l'entracte est terminée. Le 2ème mouvement de l'Hôtel Bristol s'invite dans une Vienne qui vibre au son du renouveau. le tempo est donné, le Bristol traversera le XXème siècle de rénovations en évènements importants, de suites luxueuses en reconnaissance mondiale pour sa splendeur et son raffinement. 2001, l'Hôtel Bristol de Vienne entame son 3ème mouvement, joue "La symphonie du nouveau Monde". Le XXIème siècle s'invite sans demi-mesure : salle de fitness, internet, eco-label. Sa tessiture est sans fin. En 2012, l'un des meilleurs "interprètes" architectes français, Pierre-Yves Rochon, propose une nouvelle version de ce palace 5 étoiles. Son "oeuvre instrumentale" associe plusieurs répertoires : préserver le style art déco tout en lui insufflant un air de modernité. Entre horloge d'époque, que l'on remonte à la main et porte tambour enchâssée dans une verrière moderne, la variation est remarquable, sans dissonance aucune.

L'Hôtel Bristol de Vienne fut le premier hôtel à accueillir un formidable duo : l'ascenseur et l'électricité. A l'unisson, ils vous emmènent toujours, depuis leur création, dans un univers luxueux. La petite histoire raconte que Lionel Ritchie fut accueilli par une jeune femme qui, troublée, ferma trop rapidement la porte de l'ascenseur au nez du chanteur. Embarrassée, elle redescendit aussitôt et rouvrit  la porte devant l'artiste amusé qui entonna son célèbre tube : "Hello, it's me you looking for?".

Marbre, dorures, lustres de cristal se renvoient la note le long d'une portée musicale composée d'un escalier sculptural, sans bémol aucun. Même les marques des crosses de fusils que les soldats américains ont laissé sur l'éclatante rampe ne parviennent pas à fausser la note.

Les décorations d'époque se reflètent à l'infini... Meubles et tableaux originaux accompagnent le touriste qui délaisse, pour un temps, un ascenseur qui se veut être le seul à posséder des sièges à Vienne. La petite histoire, encore elle, raconte que Léonard Bernstein se faisait monter son piano par cet escalier. Il demandait ensuite que le garçon d'étage reste à l'écouter pendant ses répétitions, exigeant de lui une critique sur ses répétitions.

Et puis c'est l'apothéose. Les porte s'ouvrent sur de somptueuses suites où un parfum d'antan laisse dans son sillage l'esprit des grands voyageurs qui débarquaient d'un voyage au long cours, leurs malles remplies de vêtements somptueux à suspendre dans d' immenses placards. Fracs, queues de pie, robes de bals et autres accessoires pour se rendre à l'Opéra de Vienne qu'ils admiraient de leur balcon n'ont pas fait leur temps et accompagnent toujours la  clientèle actuelle à la recherche de la perfection.

Retour au rez-de-chaussée. Derrière ces flacons précieux au liquide ambré, se dévoile imperceptiblement le 1er bar américain de la ville, le Bristol Bar. L'imaginaire s'envole, dans un "nocturne" où noires et blanches pourraient jouer le thème de James bond tant l'atmosphère semble secrète, discrète. Le barman bat la mesure, les cocktails entament une fanfare qui vous vous font vibrer jusque tard dans la nuit noire, pour une nuit blanche.

Le restaurant Bristol Lounge s'est mis aussi au diapason de l'alliance entre tradition et modernité. Sa luxueuse et chaleureuse salle de restaurant s'accompagne d'un artiste moderne, le "Jardin d'hiver". Déguster des mets raffinés accompagnés de vins fins au Bristol Lounge est considéré comme le prélude à une soirée au Vienna Stadt Opéra (staatsoper) par les amateurs de ballets et d'opéra.

Car l'Opéra National de Vienne est l'un des plus grands opéras du monde. Et l'Hôtel Bristol en est l'un des mouvements. De grands musiciens, chefs d'orchestre, chanteurs lyriques y posent leurs instruments, baguettes et vocalises pour être au plus près de ce joyau inauguré en 1869. Têtes couronnées, grands de ce monde, acteurs, chanteurs y viennent pour un intervalle professionnel ou personnel.

En solo, chacun est un maestro dans son domaine. En duo, L'Hôtel Bristol aime à battre au rythme des opéras et ballets de l'Opéra National de Vienne. Places de spectacles, limousines,tenues de soirées, coiffeurs... Le répertoire de l'Hôtel Bristol est immense, son registre étendu. De rappel en rappel, l'Hôtel Bristol reste sur le devant de la scène viennoise, ravit et ravira encore pour de nombreuses représentations, le monde entier.


Avec l'âge, on a tendance à oublier certaines choses : jeunes ou vieux, il faut donc faire travailler sa mémoire. Si je vous dis : les photos et les textes sont de Doudou et de moi, ils sont notre propriété (voir mentions légales en bas de page). A quoi cela vous fait penser ? Bravo, vous avez trouvé. Vous savez donc ce qu'il vous reste à ne pas faire.  Et si vous nous contactiez?

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