Grand Central Terminal, la légendaire gare new yorkaise

ELLE est la plus grand gare ferroviaire du monde, elle possède 44 quais et 67 voies répartis sur 2 niveaux. Plusieurs fois détruite et reconstruite de 1871 à 1913, ELLE s'appelle successivement Grand Central Dépôt puis Grand Central Station.  Aujourd'hui, ELLE, c'est Grand Central Terminal. Beaucoup l'appellent toujours  Grand Central Station. Moi aussi.  Je préfère. C'est plus "New Yorkais". Doudou et moi décidons de partir en expédition nocturne. Ce que je ne sais pas encore, c'est qu'il n'y en aura pas qu'une.

Entre la 42eme rue et Park Avenue, quand la nuit tombe, il fait très froid. Mais dès que vous pénétrez dans Grand Central Station, une chaleur intense vous happe : la chaleur des passagers qui empruntent les trains pour le Connecticut et les comtés de l'état de New York, la chaleur des new yorkais qui s'engouffrent dans le métro, la chaleur des touristes qui découvrent, ébahis, le hall principal.

Une voûte céleste à 38 mètres de hauteur et composée de 2500 étoiles veille chaque jour sur les quelques 750 000 passagers qui utilisent Grand Central Terminal. Un va-et-vient incessant, sans collision aucune, sous des lustres incrustés d'or surmontés chacun de 110 ampoules. Les immenses fenêtres sont jalonnées de coursives qui permettent aux employés de rejoindre les différents pans de la gare, système astucieux qui évite de traverser un hall déjà bondé. Mais la reine incontestée de ce théâtre humain que représente Grand Central Station est, sans conteste, l'horloge dont les 4 faces en opale sont estimées à plus de 10 millions de dollars.

Il faut "planquer" pendant de longues minutes dans une chaleur étouffante pour photographier quelques scènes de vie. Ce que s'empresse de faire Doudou photographe, à mon grand dam. Dehors, je gèle, ici je fonds sous la chaleur et mes épaisseurs de vêtements.J'ôte mes pelures et cherche un endroit où m'asseoir. Une bande sonore diffuse régulièrement un message exhortant le public à ne pas s'asseoir sur les différents escaliers. J'obéis, on ne badine pas avec la réglementation aux USA ! Alors, j'observe. Grand Central Station n'est pas qu'une gare de voyageurs, elle sert de point de rendez-vous aux amis, aux amoureux qui se retrouvent dans des effusions bien américaines au pied de l'horloge.

Munis de leur précieux sésame, les voyageurs s'égaillent vers les différents couloirs de Grand Central. Les passages se vident alors que la soirée s'avance. Doudou me rejoint enfin, voit à mon air fatigué que j'en ai assez de l'attendre avec son sac de matériel et mes épluchures."Nous reviendrons demain", me dit-il, magnanime. Pour faire quoi, vous demandez-vous ? Ben, voir les trains ! Et le lendemain, toujours en expédition nocturne, nous voilà de retour, dans le froid puis la chaleur de Grand Central Terminal. Faut-il que je l'aime, mon New York, ma Big Apple.

C'est un monde tout autre qui se révèle sur les quais de Grand Central Station. Un monde fantomatique digne des grands thrillers américains. Ce n'est pas par hasard que nous descendons à cette heure tardive, la foule de voyageurs s'est rétréci pour le plus grand plaisir de l’œil photographique. Des quais désertés, des trains inoccupés confèrent une atmosphère surnaturelle à cet endroit. On peine à croire qu'à quelques pas, un marché de produits frais, des bars et des restaurants, comme le très célèbre Grand Central Oyster Bar, ont élu domicile sur les 3 hectares de surface de Grand Central Terminal. Quelques silhouettes furtives, 1 passagère esseulée, 1 petit groupe qui accélère sous l’œil d'un employé...Derniers signes d'une activité qui prend fin. Il nous faut regagner l'air libre.

Nous empruntons la sortie Jacqueline Kennedy Onassis. Sans l'ex first Lady, Grand Central Station, pourtant classée Monument Historique National en 1967, aurait disparu. La société Penn Central Railroad  (propriétaire de la gare  ) en mauvaise situation financière, souhaitait la vendre. En 1975, Jacky intervient auprès du maire de l'époque Abraham Beame. Elle remporte la victoire contre ceux qui voulaient détruire Grand Central Station et la remplacer par un enième building.

3ème soir à Grand Central Terminal, 3ème soir dans les températures plus que négatives. Doudou a les doigts gelés, j'ai... Tout de gelé. Mais nous sommes à New York et ça nous réchauffe le cœur. Nous arrêtons de nous plaindre lorsque nous apercevons un homme en fauteuil roulant, l'un des oubliés de l'Amérique toute puissante, faire la manche en ouvrant la porte aux usagers de la gare.

Regarde Doudou, un policier s'est mis au chaud dans une guérite en bois. On dirait qu'il dort ! Le vendeur de hot dogs a l'air désespéré, peut être que ses saucisses ont pris un coup de gel. A moins que ce soit son moral, les clients ne se précipitent pas ce soir. Ah, si voilà un groupe de supporters de...Basketball ? BaseBall ? Sais pas, mon cerveau a viré iceberg. Ses affaires reprennent, Business is Business au pays de l'Oncle Sam. C'est ça aussi l'Amérique !


Avec l'âge, on a tendance à oublier certaines choses : jeunes ou vieux, il faut donc faire travailler sa mémoire. Si je vous dis : les photos et les textes sont de Doudou et de moi, ils sont notre propriété (voir mentions légales en bas de page). A quoi cela vous fait penser ? Bravo, vous avez trouvé. Vous savez donc ce qu'il vous reste à ne pas faire.  Et si vous nous contactiez?

Veuillez entrer le code:

Note : veuillez remplir les champs marqués d'un *.