Harajuku, la quiétude spirituelle à Meiji-Jingu

Aujourd'hui, c'est sanctuaire shinto et shopping à Harajuku.  Doudou, prépare ta carte bleue ! Et aussi les deux parapluies parce qu'il pleut, pour changer. "Je dois prendre ma carte bleue"? Demande un Doudou qui fait la sourde oreille. Ben oui. Nous visiterons Meiji Jingu, un sanctuaire shintoiste dédié à l'empereur Meiji et à son épouse. Ensuite nous arpenterons  Takeshita Dori. Tu sais, la rue plongeante que tu avais photographié avec tous les parapluies (déjà!). Puis, nous ferons les magasins environnants. Je te rappelle qu'Harajuku est le quartier de la mode et comme nous partons après demain... Mon amie TA carte bleue nous accompagne !!! Elle aussi a le droit de sortir.

Meiji Jingu, le repos des âmes impériales

Un torii monumental haut de 12 mètres, le plus grand du Japon,  marque l'entrée d'une immense allée  menant à Meiji Jingu, un sanctuaire shintoïste.  Dévoué aux âmes de l'empereur Meiji et de son épouse l'impératrice Shöken, disparus respectivement en 1912 et 1914, il se niche au creux d'un parc de plus de 100 000 arbres, cadeaux venus de tout l'archipel japonais. Ils sont aujourd'hui le témoignage de japonais reconnaissants envers un empereur qui fit sortir le Japon de l'isolationnisme et l'ouvrit à la modernité.

Monuental torii, Meiji-Jingu, Tokyo, photo non libre de droits
Monuental torii, Meiji-Jingu, Tokyo, photo non libre de droits

Au détour de l'allée, une curieuse haie d'honneur marque le pas des visiteurs. A droite, rien d'étonnant à trouver des tonneaux de saké colorés mais à gauche... Des tonneaux de grands crus de Bourgogne attirent tout de suite le regard : Meursault, Chablis, des noms paradisiaques pour les seniors français que nous sommes.

Tonneaux de saké, Meiji-Jingu, Tokyo, photo non libre de droits
Tonneaux de saké, Meiji-Jingu, Tokyo, photo non libre de droits

Adepte de la modernité, l'empereur Meiji ouvrit l'Empire du Soleil Levant aux cultures et traditions occidentales. Il fit donc connaitre, entre autre, les arts français de la table. En 2005, Yasuhiko Sata un japonais amoureux de la Bourguogne et propriétaire du Domaine de Chailly-sur-Armançon, convainquit des vignerons bourguignons d'envoyer des tonneaux de vin à Meiji-Jingu. Il voulait ainsi rendre hommage à Meiji et célébrer la paix et l'amitié franco-japonaise.

Nous cheminons tranquillement vers le sanctuaire shintoiste, laissant derrière nous ce cordon de bois qui unit la France et le Japon.  Du Meiji-Jingu initial de 1920, il ne reste plus rien car détruit pendant la deuxième guerre mondiale. Mais il fut entièrement reconstruit en 1958. Prières, cérémonies religieuses se croisent, attirent une foule dense de visiteurs. Nous sommes samedi, des mariages traditionnels japonais sont célébrés sous l’œil indiscret des appareils photos. Nous serons indiscrets, curieux. Mais les photos sont autorisées, alors Doudou capte une scène qui suscite en nous quelques interrogations.

Une future mariée japonaise semble perplexe, sa moue dubitative est porteuse de questions. Fait-elle le bon choix? Doit-elle dire oui? Son regard cherche-t'il désespérément une porte de sortie ?

Mariée japonaise, sanctuaire de Meiji-Jingu, Tokyo, photo non libre de droits
Mariée japonaise, sanctuaire de Meiji-Jingu, Tokyo, photo non libre de droits

Non, son visage s'illumine soudain d'un sourire radieux, elle est heureuse ! Nous laissons le couple de japonais à son bonheur et quittons Meiji-Jingu. Un autre temple nous attend : celui de la consommation avec Takeshita- Dori.

Couple de mariés japonais, Meiji-Jingu, quartier de Harajuku, photo non libre de droits
Couple de mariés japonais, Meiji-Jingu, quartier de Harajuku, photo non libre de droits