Vers la forêt humide de Daintree

D'Uluru à Cairns...

Y en a qui dorme et y en a qui s'active car il faut refaire les valises, ramener la voiture à l'aéroport et reprendre l'avion, direction Cairns. Devinez qui fait quoi ? Allez, Doudou, HURRY UP ! L'aéroport n'est qu'à 10 mn en voiture me répond une voix enfouie sous les couvertures. Oui, je sais ça, c'est moi qui fait les itinéraires, n'empêche que ...Je ralentis un peu le rythme en gardant un œil sur le drap  immobile. C'est tout Doudou, adepte du "qui va lentement... va lentement" ! Je vous mets une petite vidéo pour vous faire patienter?

Enfin, nous arrivons à l'aéroport d'Ayers Rock. Des Aborigènes patientent dans la salle d'attente, il sont traités avec déférence par le personnel. Je marque mon étonnement, c'est la première fois depuis le début de notre séjour. Prendront-ils l'avion ? Non. Nous décollons vers Cairns où nous séjournons une journée avant de reprendre la route avec un nouveau véhicule de location. J'aime pas Cairns, Doudou. Trop de touristes, trop d'alcool dans les bars, j'ai l'impression de tourner dans un film de série B. Doudou me rejoint sur ce ressenti et c'est sans regrets que nous prenons le chemin de la  forêt humide de Daintree.

De Cairns vers la doyenne des forêts du monde

Plage entre Cairns et Daintree national Park, Australie, photo non libre de droits.
Plage entre Cairns et Daintree national Park, Australie, photo non libre de droits.

 

 

La route qui longe la côte brille sous le soleil. Les plages défilent, nous stoppons sur l'une d'elles, dans l'espoir d'offrir nos corps de jeunes premiers à la fraîcheur de la mer de corail. Mouais, ben nous remballons vite fait la marchandise, partout des panneaux invitent à la prudence si nous ne voulons pas servir de déjeuner aux crocodiles amateurs de bain de soleil.

 

Après 2 heures de route et un petit tour en bac à traille pour traverser la Daintree River et nous voilà dans la région de Cape Tribulation : Daintree Rainforest et Casoars, nous voilà ! "C'est quoi un casoar ? Me demande un Doudou qui vient de dépenser 25 dollars l'aller / retour pour 3 mn de traversée.  C'est le casque des saint cyriens !  Hi hi. Mais c'est aussi un petit oiseau qui peut mesurer jusqu'à 1m80 et peser jusqu'à 75 kg. A part ça, il est considéré comme l'oiseau le plus dangereux du monde, lui réponds-je. Avec les crocodiles sur la plage, c'est sympa comme coin, tu ne trouves pas ? Doudou rit, il a digéré ses 25 dollars, la soirée s'annonce bien.

Pas toute jeune cette forêt. Elle aligne au compteur 125 millions d'années et 900 000 hectares de flore et de faune inscrits au patrimoine mondial de l'UNESCO. Autant dire que nous n'avons aucune existence face à cette beauté naturelle. Nous arrivons au Crocodylus Hostel pour dormir en plein cœur de ce paradis vert. La soirée et la nuit seront parsemées des bruits nocturnes des animaux et du bruissement des feuilles.

Ploc, Ploc, Ploc. Mon oreille reconnaît ce bruit qui n'annonce rien de bon. Dans la forêt humide, il pleut. Le ciel est lourd, bas. Le liquide nourricier abreuvera la verte végétation une grande partie de la journée, nous privant du plaisir de la découverte. Le camp demeure vide, serions-nous les seuls à déambuler au pays de "Jurassic Park" ?. Nous tentons une sortie à la recherche du fameux casoar. Partout des panneaux, nulle apparition en chair et en plumes, désillusion. Incursion sur la plage ? La pluie nous fait rebrousser chemin. Dépités, nous retournons nous abriter du déluge.

Une plage entre nuages et pluie, Daintree National Park, photo non libre de droits
Une plage entre nuages et pluie, Daintree National Park, photo non libre de droits

Une éclaircie pointe son nez en milieu d'après midi. On n'irait pas manger une petite glace pour nous remonter le moral, Doudou? Doudou gourmand acquiesce et nous partons visiter la Daintree Ice  Cream Company : des glaces maison à base de fruits tropicaux du verger dans lequel on peut se promener, sympa mais pas de quoi y passer la journée.

De retour à notre chambre, il pleut à nouveau. La soirée et la nuit seront longues. Être sur la route apprend à apprécier la vie comme elle vient, à se dire que c'est une chance unique de se trouver dans un sanctuaire vieux de plus de 125 millions d'années. Nous oublions vite notre déconvenue, l'Australie est si vaste qu'elle appelle à de nouveaux voyages pour l'explorer en profondeur. Nous reviendrons forcément, avec l'espoir de cieux plus cléments.