Uluru, entre surprise et révélation

Une soirée surprenante

Resto barbecue, Doudou ce soir ? Oui, si tu veux. Pas contrariant, Doudou quand il est reposé, sauf que ... ben c'est pas donné. Le porte monnaie de mon chéri fronce le sourcil. Le principe est sympa mais cher quand il faut jouer au grillardin : on choisit ce qu'on veut manger et on le cuit soi même, avec les voisins,  sur le barbecue. Je suggère à mon chéri, avant qu'il ne devienne allergique à la viande grillée, de changer d'endroit. Nous empruntons le chemin qui traverse une petite étendue"sauvage" située devant l'hôtel, (pratique, ça évite d'attendre la navette qui sillonne tout le village) et prenons place au Gecko's café, sorte de brasserie où on mange pâtes, pizzas, hamburgers dans un ambiance totalement détendue. La nuit est tombée lorsque nous sortons, il faut retrouver notre chemin dans ce mini bush qui sépare Yulara en 2. Heureusement, Mère Nature veille au grain et nous offre un phénoménal éclairage : la Voie Lactée !!! Aucun de nous deux n'avait réalisé que cette galaxie vieille de 13 milliards d'années serait visible d'Uluru. La surprise est totale, le ravissement profond. Mais pas d'appareil photo avec nous. Qu'importe, le souvenir restera indélébile dans notre mémoire. Les yeux remplis de cette myriade d'étoiles, nous nous endormons rapidement. Demain, il faut se lever de bonne heure, une marche de 10,6 km nous attend

Quand Uluru dévoile ses secrets

Debout, Doudou, on nous attend ! Pourquoi faut-il que ce soit toujours moi qui soit levée la première et en pleine forme quand il s'agit de partir à la découverte ? Mystère ! Peut être parce que je ne porte jamais les valises et que je ne conduis jamais en voyage. Normal, sinon je ne vois pas le paysage. De toute façon c'est moi qui fait le GPS ! Peux pas tout faire, moi. Doudou marmotte ouvre un œil et demande qui peut nous attendre. Ben, les Esprits d'Uluru, pardi ! La Base Walk, longue de 10,5 km (si, si Doudou, ça ne fait que 3 à 4 heures de marche) et puis, une fraîcheur matinale, idéale pour randonner. Fraîcheur ? Gla, Gla, oui ! Nous devons nous changer et nous vêtir chaudement. Bonjour, les polaires moches et les sweats à capuche (que je conserve pendant tout le déjeuner). Tu sais qu'Uluru n'est pas un monolithe, comme les écrits aiment à le raconter mais un inselberg ? "Miam, c'est quoi un inselberg"? Me demande un Doudou en mode breakfast australien. C'est "un relief résiduel rocheux"  répond une mamie Larousse la bouche pleine de pancake. En gros, il en a encore en sous-sol. Bon, assez mangé, Doudou ventre rond, faut y aller avant que la déferlante de touristes n'arrive.

Mutijulu, trou d'eau à Uluru, photo non libre de droits
Mutijulu, trou d'eau à Uluru, photo non libre de droits

 

 

 

De près, Uluru est encore plus impressionnant et révèle des détails inattendus : grottes, anfractuosités, plissements de grès, trous d'eau, autant de cicatrices spirituelles laissées par les éléments.

Il est des vérités que l'homme préfère ignorer et leur oppose des constats d'origine géologique ou darwinienne.

Les Ancêtres n'en n'ont cure, ils détiennent le secret de la naissance d'Uluru. Ils l'ont confié aux Aborigènes Anangu.

 

 

Art rupestre des Aborigènes d'Australie, Uluru, photo non libre de droits
Art rupestre des Aborigènes d'Australie, Uluru, photo non libre de droits

 

 

 

A site sacré, rituels ancestraux. "Le temps du rêve" ne s'affiche dans sa réalité que si l'homme blanc reste humble et respecte le lieu.

Pour les autres, ils ne verront que de simples peintures rupestres. 

Pour les profanateurs, Uluru portera malheur et les voleurs de terre, de pierres s'empresseront de se débarrasser de leurs souvenirs.

Les Aborigènes Anangu n'escaladent pas le rocher sacré. Ils ont planté un panneau sur lequel est demandé aux touristes de respecter leur loi et leur culture. La connerie humaine, (bêtise n'est pas assez fort à mon sens) ne sait pas lire et comme dit Lino Ventura dans "Les tontons flingueurs" : "les cons ça ose tout, c'est même à ça qu'on les reconnaît". Vous les reconnaitrez tout de suite,  ils sont au sommet d'Uluru. Je fulmine, j'ai envie de les attendre et de leur mettre le nez sur le panneau. Doudou, raisonnable, me fait comprendre que face à la connerie, on ne peut rien. Les Esprits nous soufflent de continuer notre révélation spirituelle, sans pour autant tout nous divulguer. Il nous appartient de trouver notre Voie.

 

Doudou, tu savais qu'Uluru était si ... euh troué ? Non, Doudou ne savait pas alors il mitraille le géant sous toutes les coutures. Là où c'est autorisé, évidemment, parce qu'il y a des zones interdites aux photographes car sacrées, donc pas de profanation. Z'avez compris les seniors, n'est ce pas ?

La chaleur commence à se faire sentir et nous nous effeuillons tels des arbres à l'automne (je suis d'humeur poétique !) . C'est le choc thermique entre le début et la fin de cette balade. Les litres d'eau défilent, heureusement que nous avons suivi les conseils prodigués par notre guide book et par le bureau d'accueil de l'hôtel. Je comprends mieux pourquoi le parc est fermé aux touristes en cas de grosses chaleurs, nous ne sommes vraiment pas taillés pour. Il est temps pour les seniors de se mettre au frais, après avoir déjeuner bien sûr ! Si Mamie Patty ne mange pas, Mamie Patty est de mauvaise humeur et Doudou se fait crier hi hi.