Fish River Canyon

Une erreur d'aiguillage

Jeudi 9 novembre. Vite, vite, on reprend la route Doudou. Direction Fish River Canyon, le deuxième plus grand canyon au monde, après le Grand Canyon du Colorado ! 6 heures de route et 385 km. D'abord 281 km de bitume (ennuyeux comme la pluie), et le reste c'est de la piste. Du gâteau, quoi. Surtout, faut prendre la D 463 pas la D 462 qui est en mauvais état, ki dit notre road book. A votre avis, qu'ont fait les seniors rouleurs de mécanique ? ben, ils ont pris la D 462, forcément. "En mauvais état" n'est pas vraiment l'expression que j'aurais utilisée. J'aurais plutôt écrit "défoncée", détruite","éventrée","effondrée". J'admire le calme et la dextérité de Doudou champion de rallye et j'encourage notre 4X4 dès qu'il aborde des creux qui ressemblent à des gouffres sans fond. En même temps, j'adresse des prières muettes à la main céleste qui a créé les merveilles namibiennes : "c'est promis, si nous arrivons en entier, je ne piquerai plus le chocolat de mon chéri (enfin, moins souvent), et je lui laisserai le dernier cookie maison (bon, le plus petit parce que je mangerai les gros avant). Ça a l'air de marcher car, après  plusieurs km de montagnes russes, de creux et de bosses, de lits de rivière desséchés, nous atteignons une fourche où nous gagnons enfin la piste D 463.  C'est vraiment un bon véhicule hein, Doudou? "Oui, mais c'est le chauffeur qui fait tout", répond le Doudou fier de lui. Oui, bon n'en rajoute pas, déjà que je te laisse le dernier cookie !

Plus sérieusement, nous avons eu un grosse frayeur. La D 462 est dans un tel état que nous aurions pu soit nous retourner, soit crever à plusieurs reprises, soit rester coincés dans une ornière très profonde, soit tout en même temps. Et, bien sûr, nous n'avons croisé personne sur cette portion de piste.Il y a des endroits où la solitude n'est pas de mise !!!

Impression d'Amérique

Le 4X4, Doudou et moi arrivons en entier au campsite. Euh, Doudou,  t'es sûr qu'on est toujours en Namibie ? Parce que là.. on dirait l'Amérique des années 50. Je vérifie la réservation, c'est bien là que nous faisons dodo pendant 2 nuits. Génial l'endroit, la "Mother route, autrement dit la "Route 66" façon namibienne. J'ai faim, il est 15 heures et les émotions ça creuse.

Nous prenons le temps de déguster un délicieux lunch dans ce décor incongru, ce soir nous dînerons ici. Notre emplacement est parfait, une douce soirée sous les étoiles et demain, en route pour le Fish River Canyon.

Une étendue infinie

161 km de long, 27 km de large, 550 m de profondeur pour le Fish River Canyon. 445 km de long, 29 km de large, 1829 m au plus profond pour le Grand Canyon du Colorado. Même si le Fish River Canyon prend la 2eme place au palmarès des plus grands canyons du monde, il ne démérite pas. Ce vénérable aïeul de 2 milliards d'années n'a rien perdu de son charme, il impressionne et écrase 1m76 et 1m66 d'humanoïdes nés au 20ème siècle. L'immensité du vide côtoie l'immensité du désert. L'un transporte l'eau salvatrice, l'autre donne naissance à une discrète végétation. Tous deux portent les germes de la vie dans un pays où la chaleur et le soleil règnent en maîtres incontestés.

la soleil nous rôtit sur place alors autant terminer la cuisson façon homard aux sources chaudes d'Ai-Ais. La route qui nous y amène finit au milieu de nulle part. Ça fait peur, le complexe ressemble à l'hôtel de "Shining". Doudou, j'ai pas trop envie de rester, là. Il fait trop chaud, le décor années 70 n'est pas très engageant, nous sommes seuls dans la salle à manger et la serveuse nous indique d'emblée les plats qu'ils n'ont plus. Nous mangeons un sandwich vite fait, pas génial, en observant autour de nous le moindre mouvement : des fois que Jack Nicholson surgirait avec sa hache ! Nous repartons vite fait, la cuisson façon homard sera pour une autre fois.

Oryx opportuniste, Namibie, photo non libre de droits
Oryx opportuniste, Namibie, photo non libre de droits
Carcasse d'animal de fer, Namibie, photo non libre de droits
Carcasse d'animal de fer, Namibie, photo non libre de droits

Tiens, un oryx sur une pelouse ! Ça rappelle les kangourous en Australie. Tu sais, Doudou, ceux que tu as photographiés et qui sont tout bleu parce que t'avais pas réglé ton nouvel appareil photo. Rigole, mon Doudou d'amour, faut bien que je trouve une accroche pour expliquer que le prochain voyage que je vais raconter sera sur l'Australie. Allez, viens, on va prendre un petit verre d'Amarula.