Sossusvlei et Deadvlei

Au pays des dunes

Paysage de dunes, Namibie, photo non libre de droits
Paysage de dunes, Namibie, photo non libre de droits

Driiing ! 5 h du mat, sursaut. Où-suis je ? tente, chaleur, les orteils de Doudou dans les narines... Namibie ! la sonnerie du portable résonne dans tout le camp. Bravo mamie, toi qui râle contre le "sans gênisme"  des autres (mon fils prof de français va avoir une attaque en me lisant) . M... où est-il ce foutu téléphone ? J'écrase Doudou, retrouve l'appareil incriminé et réussit enfin à l'éteindre. Pas facile de cohabiter sur un toit de 4X4, avec 1m 76 de muscles, 1 petit ventre rond (pas le mien), 10 orteils, des livres, une bouteille d'eau, un téléphone, des lampes frontales, des oreillers et une couverture. Nous nous extirpons tant bien que mal, vidons la tente et la replions. Elle n'a pas souffert de ses démêlés avec le vent. Et voilà, comme dit mon petit fils. Nous sommes à nouveau recouverts de sable rouge après la manip, on dirait presque 2 dunes sur pattes. Ça tombe bien, ce matin c'est ascension des célèbres Dunes du Namib. On fait comment, Doudou,nous tentons l'aventure ou nous prenons la navette pour nous y rendre ?  il parait qu'on s'enlise facilement. Mon héros bombe le torse : " t'inquiète pas ma chérie, je maîtrise la situation et puis Jothea (c'est la la jolie blonde qui nous a loué le camping car) m'a expliqué comment on roule dans le sable". Je revois vaguement la scène, l'utilisation du 2ème levier de vitesse, la photo d'un 4X4 enlisé. Et je le sens pas mais pas du tout. Mon instinct féminin me dit qu'on va s'enliser, je ne dit trop rien, faut pas vexer le héros. Après tout, Indiana Jones s'est aussi trouvé dans des situations impossibles et il s'en est sorti !!!

Sus à Sossusvlei

Arbre dans la dune, Namibie, photo non libre de droits
Arbre dans la dune, Namibie, photo non libre de droits

Paysage grandiose, époustouflant. La chaleur n'est plus la seule à nous écraser. Les Dunes du Namib lui tiennent la dragée haute, elles nous dominent, nous imposent leur majesté. Leur couleur changeante au gré du soleil aveugle, éblouit, étourdit. Pourtant, elles sont craintives, elles fuient en ondulant à la faveur du vent. Elles piègent les fauves de fer, capturent les coussins de caoutchouc dans leurs méandres de sable. Le notre n'y échappe pas, il s'enlise, rugit de rage. Les tentacules dunaires l'emprisonnent. Il faudra toute la patience et la technique d'un conducteur de navette pour le sauver. Il se calme, il est délivré de sa prison de sable. Nous le ramenons docilement sur le parking, nous prendrons la navette. En chemin nous croisons certains de ses congénères englués dans leur  gangue de sable, abandonnés par les propriétaires à la recherche d'aide. On ne s'improvise pas conducteur de fauve dans les sables du Namib.

Végétation dunaire, Dunes du Namib, photo non libre de droits
Végétation dunaire, Dunes du Namib, photo non libre de droits

A la faveur de Doudou, le conducteur de navette a quand même galéré pour sortir le 4X4 du sable. Il explique qu'il fallait enfoncer le deuxième levier de vitesse pour passer en mode 4X4 et trifouiller entre rapports longs et rapports courts. Doudou enregistre la manœuvre (moi aussi sait-on jamais) et nous prenons la navette. OUAH, c'est ki ki conduit ? Nous sommes ballotés, projetés en l'air, à droite, à gauche, aucune bosse ni creux ne nous est épargné. Mes cervicales disent bonjour à mon coccyx et mes lombaires ont entrepris un voyage vers mon cerveau. Si je suis pas coincée le reste du séjour c'est que le Dieu NONOS est avec moi. Maintenant c'est grimpette. La chaleur est éprouvante, les touristes éparpillés sur la crête des dunes tels des grosses puces à la queue leu leu. C'est haut, très haut. VERTIGE ! J'ai le vertige, j'ai peur du vide.Je n'arriverai jamais là-haut. Doudou-paternel me rassure, m'encourage. Il ne veut pas suivre la queue leu leu et nous appréhendons la "montagne" sableuse par son flanc, façon hors piste quoi. Quelques intrépides nous ont devancé. Sauf que... la pente est 2X fois plus abrupte et que ma hanche (ben oui faut pas l'oublier, y a pas que mon dos) flanche à mi-chemin. Je pleure à moitié de rage, j'en ai marre d'être handicapée. Nous allons devoir faire la queue leu leu.

Plus de chaîne humaine, seules les traces de bipèdes subsistent. Nous y calons nos pas, je sens la présence réconfortante de mon mari qui m'encourage. Je maîtrise ma peur du vide, je renvois ma douleur de hanche dans ses abysses. Les Dunes du Namib s'offrent à nous, enfin. Un fabuleux spectacle s'étale sous nos yeux, mélange de richesse et d'ascétisme. Jamais le silence n'aura autant de signification qu'à cet instant.

La réalité reprend le dessus, il est évident que je n'arriverai pas au point le plus haut, mais j'ai réussi à me dépasser. La dune m'a portée à MON point culminant,  elle me libère et nous offre ses flancs à dévaler jusqu'au pieds des arbres pétrifiés.

Les photos parlent d'elles-même, alors un petit diaporama ? maintenant que je sais comment ça fonctionne hi hi.