Tempête sur le camping

Oui, je vais consacrer un article entier à l'installation au camping. Ça vaut le coup, parole de Mamie Patty !

Arrivée au restcamp

Nous arrivons de bonne heure au camping. Nous ne comprenons pas pourquoi l'agence nous a fait dormir hier soir à 2 heures d'ici. "Faut prendre la route qui passe derrière la station essence" qui dit notre livre de route. Mouais, pas très glamour tout ça. Fait sacrément chaud, l'emplacement n'est pas trop mal, un bloc central avec coin cuisine à l'extérieur et douche/toilette à ciel ouvert mais à l'abri derrière des palissades, un toit paillote pour couronner le tout. Sauf que le soleil est haut et qu'il passe à travers. Nous installons table et chaises, sortons le matériel de cuisine et tout le toutim. Nous buvons jus de fruit frais sur jus de fruit frais tant l'air est saturé de chaleur et de poussière. Nous mangeons nos sandwiches et tentons de trouver de l'ombre et de la fraîcheur. Impossible. Donc, comme d'habitude, direction le lodge du coin pour s'incruster à la piscine. Mais on y va en 4X4, hein Doudou? c'est pas loin mais fait trop chaud pour marcher.

Tentative de récidive

Ahhh, luxe, calme, volupté et fraîcheur. Nous jouons les blasés avec notre petit sac à dos contenant les maillots de bain et les serviettes. Personne à la piscine, tant mieux. Nous prenons possession des transats à l'ombre et plongeons avec délice dans la piscine. Dis, ce serait bien si on pouvait dormir ici hein, Doudou ? Et oui j'ai osé, j'ai récidivé. Et non, ça n'a pas marché. Doudou n'est pas chaud (il a seulement très chaud ! ) mais va se renseigner quand même. Désolé, ma chérie d'amour, c'est cher et en plus y a pas de place avant après-demain. Mmm, tu serais pas en train de me raconter des carabistouilles ? Je n'insiste pas, d'ailleurs le soleil descend et des seniors hagards, épuisés par la chaleur et la visite des dunes à l'aube sortent de leur chambre pour envahir la piscine. Et c'est maintenant qu'on rigole.

Le vent se lève

Quand vous avez un 4X4 avec tente sur le toit, il y a un rituel auquel aucun chauffeur ne peut échapper : le "tourner en rond pour s'installer". Le chauffeur et, accessoirement installateur de tente, en l'occurrence Doudou, doit trouver le meilleur angle d'attaque de l'emplacement : éviter la prise au vent qui risque d'arracher la tente du toit, éviter les branches d'arbre qui empêchent de déplier la tente, chercher l'ombre, se garer à proximité de la prise électrique pour y brancher le réfrigérateur, et trouver la meilleure vue quand on est dans la tente. Tout ça pour tout replier, débrancher le lendemain matin et recommencer le soir au même endroit ou dans un autre camping !!! Sans oublier qu'il fait une chaleur de gueux et que la bâche de tente et la voiture sont recouvertes de poussière, de sable qui adorent se coller sur votre magnifique corps luisant de sueur. Après avoir fait plusieurs fois le tour du bloc central, Doudou trouve enfin sa place. Nous branchons le réfrigérateur et déplions la tente. Le ciel au loin est rempli de nuages et d'éclairs. Le vent se lève tout à coup et s'engouffre dans la tente, menaçant de l'arracher du toit. Nous fermons toutes les issues mais rien y fait. En quelques secondes nous sommes recouverts de sable rouge qui pénètre dans les yeux et la bouche. Il faut déplacer le 4X4 pour éviter la prise au vent. Nous débranchons le réfrigérateur mais la tente est montée et Doudou ne veut pas tout replier. Il bouge le 4X4, en marche avant, en marche arrière, un tour complet, puis deux, puis trois. Et soudain, la tente se retourne, une armature est sortie de son emplacement. Je me retrouve quasiment suspendue à la toile pendant que mon cher et tendre tente d'abriter l'ensemble au mieux. Il remet l'armature en place et nous reprenons notre ballet : avant, arrière, un tour complet.

Retour au Calme

N'ai marre, moi. C'est bon là, faut s'arrêter. Ma peau me brûle avec tout ce sable et ce vent. Doudou stoppe enfin. "Je peux pas mieux faire".  On démonte la tente, on remet la bâche et on s'enferme dans la voiture en attendant que le vent diminue.  Ah y est, il diminue un peu  mais Doudou préfère encore attendre pour remonter la tente. Le matos est couvert de sable, les chaises se sont envolées. Nous  mettons le tout à l'abri dans la salle de bain, nous devons tout laver, surtout nous car le sable forme une pellicule rouge sur le corps. Le vent descend encore d'un cran et nous remontons la tente. Oui mais la bâche est recouverte de poussière, va falloir reprendre une douche. Et puis, le ciel s'éclaircit, une main céleste y met le feu. Et puis c'est le ravissement, l'extase. Et puis nous nous taisons.

Embrasement sur le Namib, photo non libre de droits
Embrasement sur le Namib, photo non libre de droits
Paysage martien, Désert du Namib, photo non libre de droits
Payage martien, Désert du Namib, photo non libre de droits
Coucher de soleil en Namibie, photo non libre de droits
Coucher de soleil en Namibie, photo non libre de droits
Flamboiement sur le désert du Namib, photo non libre de droits
Flamboiement sur le désert du Namib, photo non libre de droits

le soleil s'est couché, il est temps de préparer à dîner. Le vent souffle encore assez fort et je dois me réfugier dans la salle de bains avec le Baby Bush Stove car le brûleur ne cesse de s'éteindre sous l'effet du vent. Il me faudra 1 heure pour cuisiner un plat de pâtes collantes et des blancs de poulet figés dans leur sauce. Cuisiner sur un lavabo, même en compagnie de sa brosse à dents, c'est plutôt galère. C'est le pire repas de tout le séjour. Notre gorge est desséchée par le vent et le sable, Doudou décide d'ouvrir notre deuxième bouteille de champagne. MMMM,  délicieux ! La nuit est d'un noir profond, la lune nous dit bonsoir et invite ses amies les étoiles à partager avec nous un moment de Grâce. Oubliés le repas et le vent, oublié le sable qui crisse sous nos dents, place au prodigieux spectacle de la voûte céleste.