Kasuga-Taisha,le sanctuaire aux 3000 lanternes

Non Doudou, pas de nouveaux cheveux en vue. Oui Doudou, nous allons visiter Kasuga-Taisha, le sanctuaire aux quelques 3 000 lanternes de pierre et de bronze. Que l'embarras du choix à photographier. Même qu tu pourras immortaliser les daims sika, symbole de Nara. Pourquoi ? Euh... (Est ce que je t'en poses des questions, moi ?). Paraît-il qu'ils seraient les messagers des Kami (les divinités, merci internet !).

Des allées bordées de lanternes de pierre vagabondent paisiblement parmi les arbres et la végétation. Les daims ne se soucient pas de notre présence, nous n'avons pas acheté de friandises pour les appâter. Mère Nature suffit amplement aux mille cerfs sika qui hantent les monuments de l'ancienne Nara. Les petits messagers des Kami n'ont qu'un seul message à nous délivrer : celui de la sérénité.

Au bout du chemin, j'aperçois les bâtiments rouges. Les souvenirs de notre premier passage à Kasuga-Taisha déferlent, nous étions si peu à profiter du silence et de la proximité des lieux. Encore une fois, le passé n'est plus. Les chemins sont balisés, les touristes indélicats sacrifiant au dieu selfie ont conduit les Kami à installer des cordons de sécurité pour se préserver de la bêtise humaine.

Nous faisons fi de ces importuns. Seul compte le calme enchanteur de ce sanctuaire shinto vieux de 1300 ans. Sa beauté renouvelée tous les 20 ans pour mieux plaire aux Kami n'a de cesse d'envoûter le regard. Le rouge vermillon de ses joues révèle la blancheur de son teint...

...Tandis que l'or perle à ses paupières, révélant ainsi le vert bronze de ses prunelles.

De lanterne suspendue en lanterne suspendue , nous cheminons vers un lieu inconnu. Nous avait-il échappé lors de notre première visite à Kasuga-Taisha ou apparait-il miraculeusement ? J'aime à croire à la deuxième version.

Des lanternes magiques s'illuminent dans le noir mystère des divinités shinto. Âmes divines joyeuses qui se glissent dans leur tourelle de bronze,  s'amusent de l'ébahissement puis de l'émerveillement des petites créatures terrestres.

D'autres, plus sages, attendent les festivals Obon à la mi-août (hommage aux ancêtres) ou Setsubun Mantoro ( mi-février fête de l'arrivée du printemps, selon l'ancien calendrier lunaire) ). Elles répandent alors une traînée lumineuse dans le sanctuaire, volettent d'esprit en esprit et distillent le bonheur et la joie. kasuga-Taisha s'anime, les âmes terrestres se rejoignent et communient avec les Kami.

Mais il nous faut partir, rejoindre le monde des vivants et son lot d'incertitudes et de questions. Le petit boîtier noir vole quelques bribes de paix et de quiétude avant une nouvelles déferlante de touristes.

Nous reprenons les chemins des lanternes de pierre. Les mousses et le lichen les habillent de vert, les feuillages les nimbent d'une auréole. kasuga-Taisha est une parenthèse enchantée dans cette journée.