Shukkei-en, un jardin rescapé

Shukkei-en, quand la nature dit non à l'Homme

"Il pleut, il mouille, c'est la fête à la grenouille", chantonne Mamie Patty. Oui, il pleut encore sur Hiroshima et aujourd'hui nous visitons Shukkei-en, un jardin japonais complètement détruit par Little Boy. Mais comme la nature a horreur de la bêtise humaine (et non, c'était pas " a horreur du vide"), elle a fait repousser toute sa verdoyante végétation un an après l'explosion. Va falloir que l'on joue encore du parapluie, Doudou, si tu veux faire de belles photos.

Le bain des carpes, Shukkei-en, Hiroshima, photo non libre de droits
Le bain des carpes, Shukkei-en, Hiroshima, photo non libre de droits

Tous les hôtels au Japon, peu importe la catégorie, mettent des parapluies à disposition des clients. Munis de deux de ces engins, les "Demoiselles de Rochefort" (traduction : Mamie Patty et Doudou"), jouant un remake du film "Les parapluies de Cherbourg",  s'abritent comme elles peuvent pour que leur appareil photo ne prenne pas l'eau.

Quand je dis leur, c'est plutôt SON appareil photo, à Doudou. Et JE dois trouver la technique pour que ce couple inséparable ne prenne pas l'eau. Résultat, malgré DEUX parapluies, JE suis mouillée. C'est pourquoi VOUS avez droit à de belles images pour lesquelles VOUS pouvez envoyer des commentaires via le formulaire en bas de la page.

Boules de vie, Shukkei-en, Hiroshima, photo non libre de droits
Boules de vie, Shukkei-en, Hiroshima, photo non libre de droits

Difficile d'imaginer devant cette abondance de végétation qu'il y a 73 ans, tout fut balayé, brûlé, anéanti en quelques secondes. Lieu de sérénité et de calme né en 1620, Shukkei-en  a été conçu pour représenter "de grandes perspectives à l'état miniature" c'est à dire, proposer en miniature, de grands paysages naturels. Il a réussi le tour de force de revenir des Enfers, et de faire ainsi un grand pied de nez à l' humain destructeur.

Fleur de lotus perlée, Japon, photo non libre de droits
Fleur de lotus perlée, Japon, photo non libre de droits

Ce jardin est petit,  mais il est porteur d'une grande leçon de vie. Bon nombre de japonais se réfugièrent dans ses décombres car il est situé à quelques dizaines de mètres du point d'impact de la bombe A. Notre promenade est empreinte de recueillement et de silence. Nous quittons cet endroit, avec le visage mouillé par la pluie, quelques larmes se mêlant aux gouttes.

Oh, Doudou, une petite accalmie. On va voir Hiroshima-Jô ? Non, ce n'est pas le château original édifié en 1590, il a été complètement détruit par le souffle de la bombe A. Mais une partie a été reconstruite à l'identique, enfin presque. Hiroshima-Jô, gentiment surnommé Le château de la Carpe, cache sous ses écailles de bois, du béton. Koikon trouve à l'intérieur ? Des objets retraçant l'histoire et la culture d'Hiroshima.

Sympa mais, pour nous et je dis bien pour nous, la visite est rapide. Doudou, j'aimerais bien rentrer me sécher, moi. Et puis je dois refaire les valises, ces satanées valises dont une que je dois vider régulièrement pour récupérer le trépied de Môssieur et que je dois refaire parce que le trépied ne rentre qu'au fond et pas au dessus. Ça ne serait pas marrant, sinon. Demain, direction Bepu avec changement de train, autant dire qu'il faut tout caser dans les valises pour éviter d'avoir les sacs à dos remplis et un Doudou haletant et suffocant sous le poids du sien. Ce soir, on tente un resto traditionnel, histoire de changer des spaghettis? Vendu ! Me répond un Doudou humide comme une serviette de bain. Quel tramway prenons-nous ? Ben je prendrais bien le n° 7 car il est plus mignon, mais je ne crois pas que c'est le bon, alors...

 

C'est tout secs, mais avec un parapluie, que nous partons diner dans un restaurant japonais typique. Personne ne parle anglais et le menu affiche les plats en japonais. L'équipe nous accueille avec force gentillesse et grand sourire et s'amuse de notre perplexité devant le parchemin déroulé sous nos yeux.

La patronne tente quelques explications, nous acquiesçons à sa proposition. Fièrement, elle nous exhibe des photos de bouteilles de vin français dont les noms sont écrits en français. Sauvés ! Au moins nous savons ce que nous boirons, parce qu'au niveau plat...

Le résultat est superbe. Tout y est, la fraîcheur, les couleurs, la présentation. Certains mets sont succulents, d'autres nous laissent dubitatifs. Quant aux quantités, elles sont tout simplement... Japonaises.


 

 Doudou, on ne ferait pas un crochet par une pizzéria ? J'ai encore un petit creux.