Hiroshima, une flamme pour la paix

La Ville Symbole

Doudou, regarde comme le Parc du Mémorial de la Paix est vaste ! C'est un jardin public de 122 100 km2 classé au Patrimoine National, les japonais viennent s'y promener et même y déjeuner le midi sur les bancs quand le temps le permet. Je babille, m'extasie sur les arbres, attire l'attention de Doudou sur les corbeaux et les insectes. Je fais ce que je peux pour faire disparaître toutes ces pensées qui se bousculent dans ma tête. Doudou n'est pas dupe, il se prête au jeu, il est dans le même état d'esprit. Nous arrivons devant "La Flamme de la Paix", incandescente depuis 1964 et qui sera éteinte lorsque la dernière arme atomique aura disparu. Autant dire jamais.

La flamme de la Paix, Hiroshima, photo non libre de droits.
La flamme de la Paix, Hiroshima, photo non libre de droits.

Le Musée du Mémorial de la Paix se situe dans la droite ligne de la flamme. Ses lignes sont sobres, discrètes. Il se fond dans la verdure du parc et des immeubles qui l'entourent. Il est là pour rappeler l'horreur du 6 août 1945 mais ne commet pas l'erreur de tomber dans le misérabilisme, ne fait pas du tape à l’œil. Il reste humble dans la douleur.

L'humilité dans la douleur, Musée du Mémorial pour la Paix, Hiroshima, photo non libre de droits.
L'humilité dans la douleur, Musée du Mémorial pour la Paix, Hiroshima, photo non libre de droits.

Nous pénétrons presque sur la pointe des pieds. Les visiteurs évoluent dans le silence, l'intérieur est dépouillé, il n'y a aucune fioriture. La réalité est exposée, dure, douloureuse, technique parfois, aux limites de l'insoutenable souvent. Difficile pour Doudou de prendre des photos, entre émotion et justesse, entre images crues et retenue. Retranscrire l'évidence sans verser dans le jugement. Respecter le souhait des japonais de témoigner et de lutter pour qu'un tel cataclysme ne se reproduise plus. Les rejoindre dans la dignité.

Les images parlent d'elles-mêmes, personne ne prononce une parole, tous sont recueillis. Des larmes brillent au coin des paupières, toutes nations confondues,  devant ces objets qui témoignent de l'instant fatidique : ici, une bouteille retrouvée à plusieurs km de l'épicentre, là une montre arrêtée à l'heure de l'explosion, là encore un tricycle stigmatisé.



Jeu d'ombres fantomatiques devant des photos criantes de vérité, un passé qui tente de convaincre un présent de l'absurdité humaine.



C'est la gorge serrée que nous quittons le Musée du Mémorial pour la Paix. Notre incompréhension de la nature humaine nous emmène devant le Cénotaphe des victimes de la bombe A. Le U renversé en granit remplace la construction originelle faite de béton. Le musée, le cénotaphe, la flamme de la paix et le dôme de la bombe A  sont érigés sur le même axe, comme pour mieux marquer les esprits.

Impossible de trouver une fin à cet article, je suis encore bouleversée, alors je m'arrête d'écrire.