Destination Kobe

A 30 mn en train d'Osaka

5 septembre, j'ouvre difficilement un œil, puis 2. Décidément, le décalage horaire d'ouest en est ne me réussit pas et avec l'âge ça ne s'arrange pas. Dans le lit d'à côté, Doudou ronfle. Pépère dort comme un petit ange et je le réveille avec un plaisir diabolique. Notre premier déplacement en train nous attend. Bon, c'est à une trentaine de km, en gros 1 demie heure de train mais il faut prendre le bon métro qui nous amènera à la bonne gare, acheter les billets de train et prendre le bon train qui nous amènera à ...Kobe. Je vous rassure, j'ai acheté des Japan Rail Pass qui permettent de voyager dans tout le Japon mais comme ils sont valables 21 jours et pas un de plus, je ne peux les faire valider qu'à partir de demain. Surtout que le prix du billet de train pour Kobe est dérisoire et que notre dernier parcours en train, en Shinkansen M'Sieur Dame, dure 2h30 et coûte les yeux de la tête si vous n'avez pas de Pass. Comme je ne veux pas que Doudou fasse une crise cardiaque, j'ai intérêt à bien calculer mon coup ! En attendant, petit déjeuner de soba, boulettes, légumes, riz, poisson et des trucs bizarres que je laisse aux amateurs de cuisine japonaise.

Un port, du bœuf mais pas que...

Kobe est indissociable de sa fameuse viande et comme je suis une carnivore invétérée, j'ai hâte d'y goûter. Mais nous apprenons que Kobe est aussi et avant tout, une ville portuaire qui s'ouvrit au commerce extérieur pendant la période Edo. Ville à taille humaine et à l'ambiance tranquille et sereine, elle fut partiellement détruite par un séisme en 1995. Alors, que voir, vous demandez-vous ? Kitano Chô bien sûr. LE quartier où s'installèrent les commerçants étrangers à la fin du XIX e siècle. Doudou, nous allons déposer nos 2 valises pleines à craquer et ton sac à dos bien lourd à l'hôtel avant de déjeuner ? Parce que j'ai une petite faim. Ce matin je n'ai pas beaucoup mangé et j'ai besoin de calories avant de commencer la visite.

Port de Kobe, Japon, photo non libre de droits
Port de Kobe, Japon, photo non libre de droits

Un hamburger particulier

Nous prenons  possession de notre très grande chambre à 2 lits dans un hôtel des années 70 qui sent un peu le moisi dans l'entrée. J'ai réservé un maximum de chambres à 2 lits. D'abord, c'est pratique quand on se dispute avec son mari (1 mois ensemble 24h sur 24... N'est ce pas mesdames?).  Ensuite, au Japon, les lits doubles sont très mais très petits. Et j'aime bien avoir mes aises, me rouler en boule, m'étirer, ce que ne comprend absolument pas ma moitié. La chambre est grande et pourvue de tout le confort : serviettes, brosses à dents et dentifrice, rasoirs, chaussons et pyjamas japonais. Puis nous partons en quête du Saint Graal, j'ai nommé le bœuf de Kobe. Ouh là, nous savions que c'était cher mais à ce point ! De plus, les prix augmentent le soir. Doudou je fais un malaise a l'appétit coupé net. Mais comme il aime sa chérie, et que je suis pleine de ressources... J'ai repéré dans mon guide book l'adresse d'un resto qui propose des hamburgers au bœuf de Kobe à un prix tout à fait abordable. Doudou tout compte fait j'ai faim reprend des couleurs.

Inspiration américaine au Japon, photo non libre de droits
Inspiration américaine au Japon, photo non libre de droits

En plein Japon, nous voilà transportés dans un diner américain des années 50. Mais le cuisinier et les clients sont japonais, la courtoisie, l'accueil et le sourire aussi. Nous posons nos fesses sur la moleskine et détaillons la carte, nous arrêtant sur les prix. Doudou, les tarifs vont plaire à notre, euh, à TON porte monnaie ! Nous allons pouvoir déguster cette viande de réputation mondiale, depuis le temps que j'en rêvais. Sais-tu que ses graisses non saturées permettent de faire baisser le mauvais cholestérol ? C'est exactement ce qu'il te faut, Doudou j'en ai. Moi ? Ben j'en ai pas, tra la la.

Regarde, Doudou ces fines stries de gras, c'est lui qui donne ce goût persillé. Et cette couleur rouge flamboyant ! L’exigence japonaise veut que cette viande réponde à des critères spécifiques décidés par l’Association Japonaise de Classification de la Viande. Les bœufs  doivent provenir de la race bovine tajima, élevés et nourris dans la préfecture de Hyögo où se trouve justement Kobe. Paraît-il que leurs propriétaires les massent et leur donnent de la bière ! Pas de stress, une alimentation équilibrée à base de céréales multiples et d'eau pure, des câlins, un régime parfait pour une viande succulente et savoureuse. Tu peux me faire confiance, je me suis documentée.

 



Hamburger japonais, Kobe, photo non libre de droits
Hamburger japonais, Kobe, photo non libre de droits

Doudou semble dubitatif, le mot hamburger le renvoie systématiquement à quelque chose de terriblement bon mais d'horriblement gras. Il est vite détrompé. Le jeune cuisinier prépare le hamburger sous nos yeux. Il cuit la viande comme il se doit sur un teppan (plaque chauffante). Elle crépite, habille sa sublime couleur rouge d'un marron doré. La viande est tendre, savoureuse. Elle fond dans la bouche, son goût incomparable fait chavirer nos papilles dans un univers parallèle. Doudou le sceptique est conquis, il regrette déjà que son plat ne soit pas de dimension américaine avec un steak 3 fois plus gros.

Kitano Chô, le quartier européen

Repus, nous partons à pied pour visiter Kitano Chô, le quartier des étrangers ou Kitano Ijinkan (résidences étrangères de Kitano). J'explique à Doudou ventre rond qu'entre le 19e et le 20e siècles, anglais, allemands, américains s'y sont installés. Ne subsistent que quelques résidences dont celle du consul américain, Moeji House...

...Et d'un marchand allemand, Weathercok House. Des esprits chagrins ont écrit sur internet que les visites ne présentaient aucun intérêt,"pas assez japonais", "trop européen". N'en déplaise à ces grincheux, cette dernière est enregistrée au Patrimoine Culturel du Japon.

Vues de nuit sur Kobe

Doudou, voudrais-tu aller au 24ème niveau de l'hôtel de ville de Kobe ? Plateforme d'observation GRATUITE pour prendre des photos de nuit. Après nous irons manger encore une petite fois de cette délicieuse viande de Kobe. Visite gratuite, addition digérée !

Oui Doudou, je préciserai dans mon blog que ces photos ont été prises à travers une baie vitrée et que c'est pour cela qu'il y a des reflets. Nous terminons notre journée par le quartier chinois, histoire de voir à quoi il ressemble. Mais tout est déjà fermé, pas de vie nocturne. Quelques lanternes attirent l’œil photographique et insatiable de Doudou. Clic clac, dans la boîte. Mon estomac vorace réclame des protéines.

Lanternes chinoises au pays de soleil levant, Kobe, photo non libre de droits
Lanternes chinoises au pays de soleil levant, Kobe, photo non libre de droits

On peut aller manger maintenant ? Je propose de retourner au resto de ce midi.  Oui, le prix sera identique, non il n'augmentera pas parce que 'est le soir, j'ai  vérifié à midi. Oui, je suis une maligne !